Présentation Accès Histoire Adresses Utiles
   UN PEU D'HISTOIRE

 

PRISCHES VERS L’AN 1000

Imaginez cette région de la Thiérache du Nord où va naître Prisches convertie à 70 % environs de friches et de bois. Mais cette forêt est trouée comme une éponge par de belles clairières culturales. L’habitat de l’époque gallo-romaine très probablement situé à Linières, s’est déplacé aux temps mérovingiens vers le Nord. Un nouveau domaine s’est créé, celui de Batto appelé Battignies, dont dépend une forêt que l’on nomme Pérés et qui donnera le nom de Prisches. Péres évoque les « Pierres », probablement celles que l’on a dressées aux Vallées pour borner un vaste territoire de chasse récemment donné à l’Evêque de Cambrai par l’empereur Othon III, et dont la limite orientale va de Barzy au confluent de l’Helpe majeure et de la Sambre.Or, aux abords de l’an 1000 après les invasions Normandes, se produit un mouvement de reconquête du sol, lié à l’expansion démographique et à la féodalité naissante.Les paysans de Battignies, qui avaient peut-être déjà, au centre du village actuel, leur cimetière pourvu d’une chapelle funéraire, viennent s’installer près de leurs morts comme le font à la même époque les gens de Landrecies et, probablement aussi, ceux du Favril. Il se crée ainsi une agglomération nouvelle qui s’attaque aux lisières forestières, multiplie les essarts, et entreprend de réguler le cours de la Rivérierette par des barrages de bois, aménageant un bief dont l’eau fait mouvoir le roue d’un moulin. C’est ce village plus attractif et plus dynamique qui, absorbant peu à peu l’ancienne population de Battignies, deviendra PRISCHES. En l’an mil , la terre d’Avesnes n’est pas encore créée et le Comté de Hainaut vient à peine de naître. Les Abbayes de Fesmy, de Liessies, de St André du Cateau n’ont pas encore vu le jour. La Région possède surtout des propriétés Royales, héritées des Empereurs Romains, et tout un réseau de missions qui sont alors les Monastères. Les Prischois de l’an mil ont donc les coudées franches, sur leur territoire qu’ils possèdent en pleine propriété, et qu’on appellera bien tôt « un alleu » par opposition à un "Fief". Ce sont avec ces paysans libres que le Seigneur d’Avesnes traitera pour rédiger la fameuse charte de 1158 qui propulsera Prisches brusquement dans l’Histoire.

   

PRISCHES EN 1900

La Population : 1453 habitants, l’optimum se situant vers 1850 avec 1630 habitants.

Composition de la Population : Une quarantaine de salariés agricoles, autant de commerçants et artisans, une petite trentaine de fonctionnaires, de retraités et de membres des professions libérales, plus de 400 herbagers, entre 710 et 720 personnes sans profession. Aussi le monde des indigents secourus s’élève t-il à 243.La population connaît aussi un certain vieillissement : une personne sur trois a moins de 21 ans et l’on compte trois femmes pour deux hommes.

Les activités : 2 brasseries, 2 laiteries, 3 négociants en vins et spiritueux ; le commerce important des bestiaux, des porcs, des fromages, du beurre, du lait et des fruits font de Prisches une riche bourgade industrielle agricole.En effet, depuis quelques dizaines d’années seulement, la commune a orienté son activité essentiellement vers les produits des herbages, abandonnant les cultures de subsistance devenues inutiles. Désormais on ne paie plus les fermages en blé mais au kilo de beurre.Aussi sur les 2310 hectares que compte la commune, ne reste t-il que 4 hectares de terres labourables, les près naturels en couvrant 238 et les pâturages 1936.

Le Cheptel : Il est le plus important du canton : 270 chevaux, 14 ânes, 19 taureaux, 2147 vaches et 916 élèves.L’élevage porcin apporte un supplément de revenu intéressant.L’arboriculture fruitière permet aux locataires de payer leurs redevances avec le produit de la vente, sur les marchés locaux, des fruits de saison. Prisches, produit 15 000 quintaux de pommes et poires au couteau ; 6000 quintaux de fruits à cidre, 500 quintaux de prunes, 100 quintaux de cerises ; quant aux produits fermiers dérivés du lait, le chemin de fer, installé depuis les années 1955 permet de les déverser journellement dans le « ventre de Paris »

Les équipements : On attend l’arrivée du gaz public qui équipera la place en 1904. On s’éclaire donc à la bougie ou au pétrole. Les corvées d’eau sont de rigueur car l’eau courante ne fera son apparition que vers 1950.Il a fallu une cinquantaine d’années pour rendre les chemins vicinaux à peu près carrossables en toute saison, les derniers à être empierrés le furent vers 1883.Depuis 1886, la Commune possède son bureau de facteur-receveur. Et en 1895 un bureau télégraphique a été adjoint au bureau postal. Prisches est fière d’annoncer qu’en 1900 Melle Julia LEFEVRE a acheminé aux particuliers plus de 3000 télégraphes, ce qui représente un peu plus de 8 dépêches journalières ! Quant au courrier il pulvérise les records jusque là établis : plus de 75.OOO lettres et 86.000 journaux et imprimés en un an. Le service de santé comprend un médecin, un pharmacien et un vétérinaire « sauvage ».L’Equipement scolaire reste bien précaire, et faute de moyens on a refusé la création de classes enfantines ; filles et garçons sont très à l’étroit mais en 1897, une opportunité se révèle : la vente de la maison Jean-Jean contiguë à l’école des filles. L’achat de la bâtisse permet de transférer l’école des filles dans celle des garçons et de regrouper sur la place les instituteurs, leurs élèves et le bureau de la mairie.

Un nouveau maire vient d’être élu après le décès du précédent, c’est Nicolas Cinglant, qui a pour adjoint MM GODFRIN et DAVOINE. Notre curé, François CLAISSE, a bien des malheurs ! Le plafond de l’église menaçant ruine, il a fallu le remplacer par des voûtes de briques, mais voilà qu’à nouveau la tour lapide ses ouailles en lâchant sur elle des fragments de sa corniche ! Encore de nouveaux travaux en perspective. Et pour couronner le tout, le cimetière saturé, arrive à peine à loger les derniers venus. On a beau retarder le jour du jugement, il faudra bien se décider à transférer ailleurs le séjour du repos, ce qui sera fait  en 1913.

Selon Monsieur Jean-Louis BOUCLY, Historien,

Membre de la Commission Historique du Nord,

Spécialiste de la Thièrache.

   retour